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Anecdotes des anciens

Vous trouverez ci-dessous des anecdotes des anciens de la cité scolaire de Belley diffusées par l'intermédiaire de l'Amicale.

deux petits recits de France Pernollet

♦ 20/06/2017
1)L’autre jour,alors que je donnais un coup de main au Secours Populaire j’ai annoncé que le nouveau collège allait être baptisé Collège Sabine Zlatin du nom de cette femme courageuse et dévouée qui oeuvra pendant la dernière guerre pour mettre des enfants juifs à l’abri avec L’OSE, elle vint tous les ans à Izieu pour commémorer la rafle et elle devait résider à Ceyzérieu, (si vous avez des informations sur ces séjours, partagez les avec l’Amicale des anciens de la Cité scolaire du Bugey) c’est ainsi que Nicoline me dit « mais j’ai bien connu cette dame, elle venait régulièrement à la poste de Ceyzérieu où je travaillais, nous prenions le temps de discuter , elle me racontait sa vie avec les enfants de la colonie d’Izieu, je l’écoutais avec admiration, elle s’est tellement battue pour que la Maison d’Izieu existe comme lieu de mémoire,je garde le souvenir d’une dame passionnée par la transmission de la mémoire.. » Nicoline était très émue à l’évocation de ce souvenir et a trouvé que c’était lui rendre justice que de donner son nom au nouveau collège.
2) Une élève modèle
Ma mère a été professeure au Cours complémentaire, certaines de ses élèves avaient gardé le lien avec elle, en particulier, Claire, que j’ai bien connue et qui était devenue une fidèle amie de la famille. .Claire était de Ruffieu en Valromey où vivait un sculpteur d’origine bretonne, Eugène Quintric, sa famille et les gens de Ruffieu lui servaient de modèles et c’est ainsi que lorsque vous montez à Hauteville par La Lèbe, la jeune fille du monument c’est Claire, alors prenez le temps de vous arrêter et d’admirer l’œuvre et le paysage magnifique qui s’étend au pied de la jeune Claire.
E. Quintric a fait de nombreuses sculptures visibles dans la région dont la Vierge de l’Adoue à Chongnes .dont on dit qu’elle inspira Paul Claudel.

Le Jardin de la mère Léonard par Paul Perceveaux

♦ 06/01/2016

«  J'en viens à ce fameux jardin de la mère Léonard , haut lieu de la gastronomie bahutienne et de la maraude scientifiquement organisée. Bien sûr , il y avait la bonne morale puérile et honnête qu'on nous enseignait fort bien d'ailleurs (même en marge de certain sirupeux manuel signé Abd'er Halden,,,) mais le moyen de faire autrement quand , à quelques mètres à vos pieds, mûrissent les fruits succulents du paradis terrestre, alors que la fade cuisine communautaire de l'internat ( ou de la demi-pension)vous offre sempiternellement la même compote au relent pharmaceutique ?
Et puis surtout, le jardin de la mère Léonard, c’était pour nous les raisins de la colère, les fruits amers, mais délicieux de la vengeance : car c'est par une histoire de ballon que tout a commencé, bien avant nous, c'est certain : du moins c'est ce que nous rappelait un folklore déjà ancien dont nous demeurions les zélateurs fidèles.
Oh ! Rien de très compliqué : placez une centaine de potaches dans une cour fermée au levant par un grillage surmontant le mur de clôture ; au bas de ce mur , le fameux jardin , dans ce jardin un chien accompagnant ses maîtres .Donnez à ces potaches un ballon , les parties de foot s'organisent et l'inévitable arrive : ces grillages sont toujours trop bas , les reprises de volées trop hautes et flac ! Voilà le ballon au beau milieu d'une planche de légumes.... et trente ou cinquante visages anxieux de surgir derriere le grillage pour demander le ballon, libéralement rendu les premières fois .
Mais comme l'incident se reproduit à des dizaines d'exemplaires chaque jour au grand dommage du jardin , les rapports s'aigrissent vite , on proteste coté jardin , coté cour, les demandes sont moins polies, parfois même ce n'est peut être plus un hasard que la balle bondit au centre d'un carré de fraises.... Un beau matin , on ne rend plus le ballon , ou bien le chien-loup le crève d'un coup de dent ; et sonne l'heure de la vengeance à l'échelon d'une génération, une vengeance devenue un immuable rite homérique sans aucun lien causal avec les incidents originels. J'ose espérer que les propriétaires de ce jardin au demeurant bien exposé s'y consacrait pat amour de l'exercice physique , par besoin d'une détente désintéressée ; à coup sûr ne devait le guider aucun soucis de rentabilité , car de mémoire de potache jamais aucun fruit n'y vint à maturité pendant mes cinq ans de boîte : fraises ou cerises se trouvaient dévorées à peine rosissantes ; les raisins n'étaient jamais trop verts pour les goujats que nous étions ….
Au beau milieu du jardin trônait une mare passablement odorante où verdissait flegmatiquement une eau verte aromatisée et enrichie à la crotte de volaille . U jour en pleine récréation , le ballon s'en fut donc dans la zone ennemie : rapide inspection : personne en vue ! Hop un grand se laisse glisser dans la varappe familière ; malencontreusement une prise cède et voilà mon homme gigotant au beau milieu de la « botasse » comme un fragile coléoptère dans une goutte de rosée. Dire l'ovation qui accueillit au retour à l'étage au dessus demanderait les métaphores chères au vieil Homère . E t quelles odeur, mes amis ! De ses longs cheveux dégoulinaient deux lignes de gouttelettes parallèles d'une eau puante.Ne lui fallut-il pas encore , oh comble de l'humiliation, rencontrer sur le chemin du vestiaire l'étonnement amusé d'un professeur. : »Eh bien mon ami... qu'est ce qui vous arrive ? »
L’intéressé, aujourd'hui un de mes respectables collègues, a peut -être laissé l'incident s'estomper dans sa mémoire , mais à jamais il reste gravé dans les nôtres , comme aussi ce mot « botasse » qui devait demeurer attaché à sa personne , contre son gré, bien sûr, comme tous les surnoms .
Notes : ce jardin et cette « botasse » ont existes jusqu’à la construction du lycée actuel et les ballons allaient inévitablement finir au milieu des fraises et les mêmes aventures sont arrivées aux lycéens plus tard , la légende continuait...
ce jardin correspond maintenant au restaurant scolaire en partie ,le mur existe encore .

La traversée des années sombres 1940-1944 par André Castelnau ancien éléve et ancien président de lAmicale

♦ 28/12/2015
Depuis l'installation de L’État Français( Maréchal Pétain) les membres de l’Éducation Nationale sont soumis à rude épreuve.
Depuis la rentrée d'octobre 1940 des mats ont été plantés dans les cours des écoles primaires des établissements scolaires.
Un rite s'est installé:chaque lundi matin il faut hisser les couleurs. C'est en général le meilleur élève qui doit accomplir cette mission » honorifique »alors que les autres élèves , groupés autour de leurs enseignants doivent chanter « maréchal nous voilà » .
La descente des couleurs a lieu le samedi soir. Mais parfois le message passe mal.
A l'E.P.S l'envoi des couleurs se fait régulièrement : les élèves du primaire se regroupent dans la cour sud et les élèves du secondaire dans la cour nord en autant de rangées qu'il y a de classes, tandis que les membres du corps enseignant assistent à la cérémonie depuis le perron. C'est le professeur d’allemand et de chant de l'E.P.S M. Albert , un réfugié alsacien, qui dirige la cérémonie à l'aide de son sifflet.
Et c'est le directeur M.Lavoille qui ordonne le lancement du drapeau tricolore.
Le rite se déroule régulièrement, mais sans enthousiasme.
Un matin du printemps 1942 , un bruit se répand dans les groupes dispersés alentour : « Aujourd'hui on ne chantera pas l'hymne au Maréchal, mais le Chant du Départ ».
La rumeur est partie des grands de la classe de 3eme (ceux qui passeront le brevet en juin 1942).
au coup de sifflet du pauvre « vater Albert »(il aimait qu'on l'appelât ainsi) ce fut une belle pagaille.. vocale dans la cour et le plus grand désarroi chez les petits du Primaire qui continuaient à chanter l'hymne … traditionnel.
La puissance des poumons du secondaire couvrit rapidement le chœur enfantin.
Sur le perron , chacun s'interrogeait sur une telle dérive.
On pouvait lire la gravité sur tous les visages tandis que Messieurs Lavoille et Figeat conversaient de bouche à oreille.
Le coup fait et réussi, nous nous attendions tous à de sévères réprimandes de la part de nos professeurs à l'ouverture des cours , il n'en fut rien.
A partir de cet instant , il n'y eut plus jamais de « salut aux couleurs »,
Discrètement le surveillant de semaine faisait tout seul le nécessaire bien avant notre arrivée. Bien entendu , la nouvelle se répandit dans les foyers et fut diversement commentée.
E n 1942, on était prudent.
Les cartes d'alimentation et les restrictions , l'absence de bon nombre de chefs de maison(au front ou prisonniers) s'ajoutaient aux interrogations sur le devenir de chacun, comme sur l'avenir en général.
La gestion alimentaire de l'internat posait quotidiennement des problèmes à Mme Lavoille .
A l'époque il y avait en effet sept à huit dizaines d'internes dont la plus grande partie venait des campagnes environnantes et surtout du Valromey.
Chaque interne disposait d'une «  caisse »qui contenait des produits de la ferme destinés à accompagner les tranches de pain du « casse-croûte » de 17 heures .
Les caisses des élèves venant de la campagne au retour le dimanche soir ou le lundi matin, s'avéraient particulièrement bien garnies.
Solidaires ces élèves glissaient à l'occasion , là un pot de miel, ici une plaquette de beurre ou un fromage, à l'égard d'un camarade externe , plus gourmand qu’affamé.
Les années s'écoulaient ainsi. Nous étudions tous du mieux que nous le pouvions et surtout avec les moyens dont nous disposions, car dans presque toutes les familles des problèmes multiples se posaient.
Ce fut par l'intermédiaire de nos camarades du Valromey que nous apprîmes un lundi matin qu'il se passait de « drôles » de choses tant sur le Plateau d'Hauteville que sur les crêtes de Richemond : la constitution d'un groupe de maquisards......
C'est également un lundi matin , alors que nous avions à notre emploi du temps morale ou instruction civique , que nous fûmes surpris dès l'entrée de Mr Lavoille en salle de 5eme où généralement deux classes se trouvaient groupées.
D'ordinaire le cours débutait par une interrogation orale ; mais ce matin là tout avait changé.
Sur le Promenoir était arrivé une colonne allemande et nous avions vu les occupants avaler leur bouillon allègrement en mangeant leurs tartines de saindoux.
Bizarre !!!!
Comme fut aussi bizarre l'attitude de notre directeur qui pénétra dans la classe sans cahier ni manuel , alors que debout nous lui adressions notre salut respectueux.
« Asseyez-vous »
Puis il se dirigea vers les fenêtres donnant sur le Promenoir pour les ouvrir pleinement.
Nous eûmes droit , ce matin là, à un splendide cours qui dépassa largement l'horaire prévu, sur la Liberté , la Fraternité, la République, la défense de la Laïcité …... Nous en étions surpris , d'autant que tout cela avait été écouté dans un silence pesant.
- « Merci de m'avoir écouté » et il se retira , tandis que nous nous levions à son départ, comme d'habitude.
A la recréation , les échanges de vues allaient bon train et nos camarades des autres classes n'en revenaient pas d'un tel exposé réalisé à la barbe de l'occupant. A partir de ce moment (nous sommes en 1943) les événements allaient s’enchaîner.
Toujours par les camarades de la montagne, nous apprîmes que ceux que la presse du moment qualifiait de « terroristes » n'étaient que leurs frères , leurs sœurs ou leurs parents et voisins. L’Armée secrète , celle des soldats de l'ombre se constituait lentement, tout en effectuant quelques audacieux coups de main.
Pendant les interclasses , les professeurs échangeaient des paroles à voix basses et de temps à autre M Lavoille venait chuchoter une quelconque information aux professeurs.
Nous avions parfois des difficultés à étudier ; nos esprits vagabondaient ailleurs .
Néanmoins les examens de 1943 se passèrent normalement et les vacances qui suivirent furent parfois troublées par les informations plus ou moins précises , lorsqu'elles ne s'avéraient pas totalement fausses .
La rentrée de l'année 1943-1944 s'effectua sans trop de mal bien que l'école manquât de professeurs et de surveillants .
Le même climat lourd envahit l'établissement comme ce fut le cas durant le troisième trimestre......

Nonor par Petitfasolt 54/55

♦ 12/10/2015
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On l'appelle aussi "Normuz" selon que les circonstances le trouvent satisfait ou "furibard". C'est un personnage d'autorité ; avec lui pas de chahut. La trentaine décomplexée, costume croisé gris, cheveux noirs tirés sur le côté, lunettes à monture d'écaille. Monsieur Jouanneau vient de Chanaz avec la "203" grise toute neuve qui fait notre admiration, et qu'il gare près du séquoia, mais à bonne distance de la "seltaquatre" dont il redoute les sautes d'humeur.
Nornor est en charge de la Géographie, il professe d'une voix forte et claire tout en naviguant dans les allées de la classe, relevant d'un tour de tête une mèche rebelle, ou d'un geste de la main ses grosses lunettes d'écaille. Nornor vit son cours et la classe, subjuguée, est muette d'admiration devant le spectacle ; des gestes amples ou saccadés, selon la force de sa démonstration qu'il conclut toujours de la même manière : un bras devant, un bras derrière, d'un coup sec, il relève son pantalon. Grâce à ce professeur je suis devenu très bon en Géographie.
On les appelait Gaston, Babo, Pain Long, Cucu, Nornor. Pour la "quille" on les quittait sans regrets; on ne savait pas encore qu'on ne les oublierait jamais, et que les souvenirs du Collège Moderne et de nos professeurs, après plus de soixante ans, nous éplucheraient encore le coeur avec les ongles.

"Cucu " par Petitfasolt 54/55

♦ 02/09/2015

Monsieur Couthier, pour la classe de sixième, est le professeur d'allemand et tout le monde au collège l'appelle "Couthaz" ou bien" Cucu" ; il habite Lavours et il vient chaque matin avec la "Seltaquatre" à vitesse plus que raisonnable, le temps de chasser de la route, par un claquement de mains affectueux, les poules imprudentes ; il gare son carrosse dans la cour d'honneur au pied du séquoia et toutes ses manœuvres sont totalement imprévisibles.
Ce personnage replet et bon enfant nous initie, avec plus ou moins de bonheur, dans un ouvrage tout de gothique écrit, au mythe de "Wothan", du "Roi des Elfes" ou de la trop fameuse "Lorelei" qui, tout en peignant ses cheveux d'or, met en péril la navigation du Rhin.
"der Mond, die Sonne, das Meer" c'est par ces trois mots qui nous servent d' "Ausweiss" que Monsieur Couthier accueille chaque année les petits nouveaux qui envisagent de parler la langue de Goethe ou de Schiller. A la bonne vôtre...
Ce professeur, à qui je garde toute ma tendresse, me gratifia sans hésiter, devant toute la classe, pour ma première interrogation d'allemand, d'un zéro pointé qui ne fut pas sans conséquences sur mon avenir polyglotte. Cette stupéfiante nouvelle fit, en un éclair, le tour de l'établissement où "Cucu" passait, même auprès des plus endurcis, pour un brave homme.
L'honnêteté m'oblige à vous dire que c'est tout simplement par la peur de m'exprimer, pour la première fois, en public qu'aucun son n'était sorti de ma bouche. "la lune, le soleil, la mer" ces trois mots que notre cher Cucu avait déjà repeints pour affronter l'hiver.
Je retirais de cette histoire, auprès des caciques de l'internat auxquels je contais mon aventure, un prestige mérité, attendu qu'en toute chose, pour aller loin, il faut commencer modestement.

Pain long par Petitfasolt 54/55

♦ 17/08/2015
Pain-Long
Pour la classe de sixième en "54" monsieur Feuvrier est le professeur principal.C'est un homme grand,toujours vêtu d'une blouse blanche,cheveux en arrière et avec une grande tendresse dans le regard pour cette classe, a qui il devra apprendre la grammaire,le calcul, et l'orthographe.il est aussi un interne du collège moderne car,il occupe, dans le bâtiment, le logement symétrique de Gaston,petite porte située a droite de l’entrée principale.
Pain-Long est aussi chargé de nous apprendre le solfège,discipline tout juste bonne pour les externes,qui trouvent dégourdi de sacrifier leur jeudi a faire des gammes, histoire de faire plaisir à leurs parents et au grand désespoir des voisins.Pour nous autres internes,il est commode et reposant,en fin de semaine de voir arriver Paint-Long,tout encombré d'un énorme tourne disque,ou un chien assis écoute la voix de son maitre et qui nous joue les quatre saisons ou l'histoire de ce balai endiablé qui n’arrête pas de remplir des seaux d'eau.
Sans vouloir mettre en avant la musique,nous autres collégiens avons été très heureux que l'on nous ai affecté un professeur aussi gentil pour notre première année d'internat.Paint-long nous a quitté récemment,presque centenaire,a mon grand étonnement car,dans mon cœur, il n' a jamais vieilli.

Babo par Petitfasolt54/55

♦ 04/08/2015
Babo.....
Monsieur Babolat est le professeur de gymnastique, tout le monde l'appelle "Babo", il est totalement investi dans la culture physique. Cheveux courts et fine moustache, ce personnage athlétique en survêtement bleu jouit de l'estime générale, il dispose sous le préau d'un petit cagibi de planches où il revêt sa tenue de sport.
La troupe, en maillot de corps, short de toile bleue et espadrilles, se prépare pour un "léger décrassage" ; sortie en petites foulées par la porte principale, le promenoir, les "jardins anglais", route de Chazey-Bons, retour par la rue du bac pour rejoindre le collège après "trois petits kilomètres", les participants sont couverts de sueur en été et frigorifiés en hiver. Dans la classe, pas de tir au flanc car les dispenses de sport n'existent pas.
Exercices au sol, barres parallèles ou cheval d'arçon, tout le monde passe au trapèze sous l’œil vigilant de Babo qui assure la parade ; notre confiance en lui est totale et les plus doués se lancent avec succès dans des sauts véritablement périlleux en avant et aussi en arrière.
En juin, lors de la fête de collège précédant la "quille", la discipline sportive est à l'avantage ; devant la foule installée sur le perron, et où trônent les professeurs, officiels à casquette et dames à chapeau, tous habillés de raide, Babo présente ses élèves lors d'exercices rythmiques, composés de roulades ou d'arabesques, et de vertigineuses pyramides qui éclatent en des cascades somptueuses. L'assistance, subjuguée, applaudit très fort. Nous sommes très fiers d'être les élèves de Babo.

Gaston,Babo,Pain long,Cucu et les autres par Petitfasolt 54/55

♦ 19/07/2015
Gaston,
C'est le patron,costume gris et cheveux blancs, un homme corpulent à la voix sourde, qui vous accueille sur le perron du château, lequel domine de quelques marches la cour d'honneur. Il tient en main une liste qu'il coche soigneusement lorsque chacun de nous se présente. Trois pas en arrière, vêtue d'un élégant tailleur gris, cheveux platinés, son épouse "la Nénette" vous conduit à votre place dans le dortoir du premier étage. La "Nénette" est une belle femme, tout sourire dehors, mais très dure dedans, elle fait marcher son monde à la baguette, règne sur les cuisines ainsi que sur l’infirmerie. Obligation de finir les plats et aspirine pour les malades. Heureusement tous les internes sont en bonne santé et pour le rata, souvent immangeable, nous avons nos petites combines.
Gaston est un patron à poigne, les élèves le craignent et le respectent, les professeurs s'adressent à lui avec déférence, il règne sur son univers depuis les croisades, et toute une génération de parents qui y ont fait leurs classes, n'envisagent pas d'autre solution pour leur progéniture. On ne se refait pas.
Le bureau de Gaston se trouve à gauche de l'entrée principale et s'ouvre sur le grand hall d'honneur, celui de la distribution des prix, à la fin de l'année scolaire pour les élèves méritants. Durant l'activité des classes, sans un bruit, comme un fantôme que l'on n'attend pas, Gaston parcourt à l'improviste les couloirs de la vénérable maison pour débusquer les élèves studieux qui ont le privilège de suivre les cours derrière la porte de la classe. Sans un mot, ce colosse aux semelles de crêpe conduit le coupable saisi par l'oreille et dressé sur la pointe des pieds, auprès d'une secrétaire binoclarde, pour la "colle" du jeudi suivant.
Le prestige de Gaston est immense ; c'est un "hussard de la République", ses décisions sont sans appel, qu'on le reconnaisse ou non, il est le père de cette jeunesse turbulente que les parents lui ont confié, afin que leur rejeton "puisse devenir quelqu'un".
Petit fasolt 54/57

Roland Mary raconte

♦ 13/09/2014

Bonjour
Je voudrais ajouter que Charles Bailly n’était pas que le prof des agricaults, en effet Gaston Lavoille avait instauré les ateliers pour toutes les classes Bois avec Mr VICTOR, Ferronnerie Mr MOLLEX ,Cuir Mr DELSIGNORE ,Electricité Mr BAILLY Je suis au lycée 1954-57, si aujourd’hui je sais bricoler merci à tous, j’ai eu la chance d’être au lycée quand les ateliers ont fermé j’ai un rabot, des ciseaux et des bédanes du lycée.
Merci bonne journée

Roland Mary raconte

♦ 13/09/2014
Bonjour
Souvenirs en 1964 le plafond du réfectoire du lycée s’écroule les élèves vont se restaurer à la salle des fêtes en dépannage.


Premiere seconde mixte au lycée en 1954 par Mme Brandon Ginette

♦ 03/02/2014
La classe mixte de seconde a été crée en 1954, nous étions une quinzaine de filles, je suis une des premières à l’inaugurer. Nous avons passé la première partie du bac , les résultats ne furent pas bons, nous étions 3 à avoir réussi cette première partie.
Puis la terminale n'existant pas encore nous nous sommes sépares pour celles de Chambéry ou Lyon.
Le directeur était Mr LAVOILLE directeur du collège de garçon.
Tous les cours étaient mixtes sauf la gymnastique et nos recréations se passaient dans la cour d'honneur sous le grand sapin et au milieu des parterres de fleurs .
Nos cours avaient lieu dans du préfabriqué.
A propos de gymnastique un épisode amusant me revient.
Nous avions un prof de gymnastique assez dur avec les filles.
Avant les cours , il se changeait dans un cagibi sous le préau de la grande cour du lycée et nous ,nous attendions sous le préau.
or je ne sais pas ce qui s'est passé, une bousculade peut-être , notre prof s'est retrouvé enfermé dans le local.
Et nous bien sûr de rire aux éclats !! Enfin on l'a sorti de là et le voilà qui sort furieux "c'est un coup de la garde"s’écrie t-il furieux et de secouer par les cheveux Denise et Jacqueline (filles de gendarmes!)
On proteste , il se calme mais nous fait crapahuter dans la cour boueuse pendant une heure .
Souvenir CUISANT non oublié.
Brandon Ginette (née Bonnard)

LES SOUVENIRS de " PETIT FASOLT " 1954 1957

♦ 26/03/2013
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
J'ai pris connaissance des noms que j'ai pu trouver sur le site; il n'y a que deux noms qui évoquent pour moi des souvenirs; il s'agit de M. André Paget et de Melle Babolat.
Si ces personnes souhaitent me contacter sur mon site, elles peuvent le faire, et j'en serais très heureux.
Dans la rubrique souvenirs, je vous propose un texte que vous pouvez inclure, si vous le souhaitez.
"A l'automne, lorsque les premiers frimas recouvraient de givre les fenêtres de notre dortoir, ils nous arrivaient par surprise, c'était "les agricaults".
L'arrivée de ces robustes garçons, qui nous dépassaient d'une bonne tête, nous semblait pour le moins incongrue, et nous les regardions avec un brin de condescendance. Ils n'étaient pas, comme nous autres "bleusaille" initiés par les anciens, aux bonnes manières de la tradition locale et nous le prenions comme une injustice. Leur musculature, bien réelle, leur servait de sauf-conduit.
De leur côté, ces nouveaux arrivants, tout pétris de ruralité, ne souhaitaient pas encombrer leur cervelle toute neuve avec des histoires de mérovingiens et des déclinaisons tout à fait inutiles. Malheureusement, la cohabitation était une nécessité incontournable pour l'internat au collège.
Monsieur BAILLY était le "prof des agricaults": cheveux en brosse et veste de sport, pantalon golf tiré sur des chaussettes de skieur, chaussures souples à semelles de crêpe. Il surgissait à la cloche sonnante, à grandes enjambées, au coin du bâtiment principal, descendait quatre à quatre l'escalier du perron pour se diriger vers sa classe, située au fond de la cour. C'est dans ce modeste local, aux fenêtres grillagées contre la dévastation des ballons de football, qu'était dispensé l'enseignement pour l'école d'agriculture.
Au printemps, les "agricaults" quittaient le collège avant la reprise des travaux des champs. Les explosions de joie de ces "libérables" accentuaient d'autant plus notre amertume qu'il nous restait près de trois mois pour savourer la "quille".
Mine de rien, en près de trente ans, les "agricaults" ont porté le pays au premier rang de l'Europe pour la production agricole. Merci Monsieur BAILLY, merci pour tout.
Comme ses élèves autrefois, Monsieur BAILLY nous a quittés au printemps.
De l'autre côté du temps, il restera dans notre souvenir, en compagnie de tous les autres professeurs du collège qui ont accompagné notre jeunesse, durant ces années d' aubépine.
"petit fasolt" 54-57.

L'APPRENTIE SORCIERE

♦ 15/03/2013
ça devait être l'un de nos premiers cours de physique-chimie .
La journée menaçait d'être chaude.....elle le fut : Mademoiselle Loridon nous invita à suivre une leçon sur l’hydrogène
elle devait être intéressante mais pleine d’imprévus ..
cela débuta par un mélange tonnant qui , en fait , ne tonna que fort peu! puis vint le clou de la manipulation ; la sorcière en blouse blanche nous pria de lui prêter attention .
au premiers rang se trouvaient ces demoiselles, tandis que nous autres fréquentions le fond de la classe : mesure de précaution peu superflue
au moment même ou notre cher professeur tonnait de sa voix puissante :
"c'est ici que ça se passe"
un sifflement pareil à celui que fit Véronique parvint à nos esgourdes .
instinctivement nous autres les gars plongeâmes sous les tables , ce que voyant mademoiselle l'apprentie voulut se retirer à l'abri de son block- haus ...mais il était trop tard .
une terrible explosion se fit entendre et une pluie diluvienne d'acide chlorhydrique et de zinc tomba sur notre retraite ainsi que sur nos chères compagnes qui par un excès de confiance étaient restées immobiles telles les grognard(e)s de Bonaparte.
....le typhon passé , nous risquâmes un œil ,c'est ainsi que nous aperçûmes notre héroïne qui , visiblement avait eu très peur (en terme de physique on dirait zéro absolu)
encore un coup comme celui là et nous la retrouvions victime d'un arrêt du palpitant !! Elle était appuyée pantelante sur une paillasse secourable ..L'arrivée du garçon de labo et de Maitre Segantin lui firent retrouver sa dignité et son calme olympien .
L'affaire fit grand bruit .... il faut préciser que l'engin explosa juste sous l'appartement du Principal ..
Concluez !! tentative d’assassinat ,dégradation du matériel de l’État ... quoi qu'il en soit la coupable ne reçut pas de blâme .
Bonnard Christian

extrait du Petit Potache 3eme trimestre 1965-1966

LE DIEU DU STADE

♦ 15/03/2013
...."et deux tours en petites foulées, on monte , on saute!!!"
c'est ainsi que commence pour la majorité des potaches le calvaire hebdomadaire...
Tout de noir vêtu , le bourreau fait son office :" et on tire sur les bras !! " et on recommence pour Calamand"
La communion entre le grand prêtre et les fidèles en sueur se fait de beaucoup plus intime :"on dirait des petites mémés "
L'excitation, le délire , l’hystérie est à son comble... nous sommes tous pendus à ses lèvres , nous vibrons à ses moindres hurlements...
ALLEZ CHAUFFE MARCEL !!!
Et nous croyons que le meeting va s'achever sur le traditionnel: "marche normale... un deux !!
lorsque le dieu du stade tonne:
"Brillat- Savarin , monument aux morts , les pissotières et un petit bac!!" " on a juste le temps !!
c'est l'extase!!!
le club journal .extrait du potache 1er trimestre 66-67

C'était dans les années 60.

♦ 14/01/2013
Chaque Noël, je pense à ce retour à l'internat le dimanche soir, après quinze jours de vacances, nous arrivions à Vireu le Grand en train, puis nous prenions le car Gonnet (le chauffeur était souvent monsieur Gonguet). Nous étions une dizaine à nous présenter dans le hall du château où nous attendaient un surveillant, une surveillante, le chef de cuisine et quelqu'un de l'intendance. Il était 20h. Après la soupe, une tranche de jambon un légume et un fruit dans cet immense réfectoire, nous descendions voir la télévision en noir et blanc. "sport dimanche" ! C’était pas très passionnant mais c'était la seule émission autorisée et dès le générique de fin, nous gagnions les dortoirs : les filles aux maristes et nous dans l'aile près du séquoia. Je ressens encore cette atmosphère glaciale, cette ambiance feutrée et cette odeur de matelas. Nous défaisions nos valises, faisions nos lits superposés et rangions le linge dans une armoire en bois. Quel silence pour accompagner un mélange de crainte, de froid, de solitude et puis, les draps glacés ; enfin, c'était l'extinction des feux, le noir à peine perturbé par la lampe de la sortie de secours... Cela fait plus de quarante ans que je revis ces retours au bahut le dimanche soir régulièrement.
Mais Noël c'était aussi une atmosphère : l'arrivée des vacances, la préparation des réveillons secrets, la nuit, dans le dortoir et l'orchestre du lycée qui préparait le bal donné aux maristes. Je me souviens que nous avions voulu faire une surprise à notre surveillante générale madame Simoni. Petite avec des talons qui claquaient comme le tonnerre, elle avait grande autorité. Nous avions mis notre argent en commun pour lui offrir un briquet de bureau car elle fumait beaucoup. Nous avions enduit le visage de Grosselin avec de la colle scotch pour lui coller du coton : il ferait le père Noël à la grande barbe ! Pour nous remercier, elle nous autorise à danser avec l'orchestre du lycée qui répète pour le bal. Le proviseur passant par-là, nous sommes renvoyés dans nos dortoirs. Rosa notre infirmière a passé la nuit à essayer de libérer notre camarade de sa colle...
L'orchestre : quel talent ces musiciens ! Nous, nous rêvions de cette soirée. Je me souviens qu'un soir nous attendions devant la porte des maristes dans la neige. Lombard est sorti et nous a demandé si nous savions danser. Il nous a fait les pas du chachacha dans la neige et nous avons imité. Cette faculté d'apprentissage rapide et efficace est incroyable. Nous n'avions pas froid aux yeux et très entreprenants nous dansions tout, sans complexe, en tenant dans nos bras nos copines de classe. Une sacrée soirée !
Thierry Fouard.

Etre interne dans les années 30

♦ 05/09/2012
Les conditions de vie dans l'internat ? Eh bien elles étaient certainement moins supportables que celles que connaissent les internes aujourd'hui.
Moins de liberté, moins de distractions, moins de confort matériel. Pas d'eau chaude pour se laver, avec cependant la possibilité de prendre des douches de temps en temps dans l'établissement de bains de la ville.
En ce qui concerne le chauffage, il semblait que l'architecte qui avait conçu ce beau bâtiment n'avait pas bien étudié la question. Inexistant dans les dortoirs et les vestiaires, il existait bien dans les classes avec des poêles ayant pour certains la forme d'une énorme marmite qui, ma foi, bien alimenté en combustible, fournissait une honnête chaleur. Dans chaque classe, deux élèves, je crois, étaient chargé de l'approvisionner et comme le charbon ne manquait pas semble-t-il, nous ne claquions pas des dents en étudiant ou en récitant nos leçons. Ce qui paraissait un peu étrange c’était l'absence de cheminée pour évacuer les gaz produits par la combustion : le problème avait tout de même été résolu de la façon suivante : une vitre de la partie supérieure d'une fenêtre avait été remplacée par une plaque de tôle qui laissait passer un tuyau de poêle soutenu tant bien que mal par des fils de fer accrochés au plafond. Système rudimentaire qui parfois avait des faiblesses au point que le tuyau évacuateur formé de plusieurs éléments pouvait se disloquer et même tomber sur la tête d'un élève ou d'un professeur ce qui évidemment provoquait l'hilarité générale. Cet âge est sans pitié.
Raymond Feuvrier (de la plume à la souris 1898-1998. extrait annexe 3)

C'était ..........

♦ 04/09/2012
Nous attendons vos anecdotes de vos années collège, lycée, faites de petits textes que nous réunirons dans cette rubrique.

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